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Création 2001

La boîte en coquillages
de Philippe Beheydt

 

[Spectacle à l'affiche]
L'humanité sans la tête

[Autres spectacles]
La boîte en coquillages

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Morceaux choisis

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Plan et crédits

 

 

Présentation du projet

 

Cette pièce est une commande à l’auteur belge Philippe Beheydt, mais également la première création de la compagnie. Philippe Beheydt a écrit cette pièce en résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon en 2001. Le spectacle a vu le jour en avant-première au Petit Théâtre de Paris avant de faire le Festival d’Avignon deux années de suite (2001 et 2002). Il y a rencontré un vif succès qui lui a permis d’être joué à travers la France jusqu’en 2004.

Photos de spectacle

 

 

 
       
         

 

Résumé

 

Huis clos familial où quatre frères et sœurs se sont réunis dans le salon de la maison natale. Ils doivent prendre la décision d’euthanasier un père qui souffre mais qui, malgré sa position d’agonisant, les divise et les détruit encore.

Il repose à l’étage supérieur.

La fratrie se revoit après plusieurs années.

Doivent-ils pardonner la terrible tyrannie et la punition infligée à l’un d’eux ? Ils vont refaire les chemins de l’enfance. N’étaient-ils pas tous responsables ? Quel est le drame atroce pour lequel un père et une mère se sont ainsi acharnés sur un jeune enfant ? Pourquoi lui ? La faute était-elle si grande pour asphyxier toute leur vie ?

L’auteur nous entraîne sur un sujet sensible : l’amour des parents pour leur enfant et les liens fascinants et destructeurs qu’entretient une fratrie.

L'équipe

 

Auteur : Philippe Beheydt :: site

Mise en scène : Gersende Michel :: mail

Création lumières : Jacques Rouveyrollis :: site

Régisseur lumière : Denis Schlepp :: mail

Création costumes : Anne Blanchard :: mail

 

Avec :
Karl : Philippe Beheydt :: site
Claire : Delphine Gransart / Hélène Mahieu :: mail
Marie : Gaëlle Lebert :: site / Moana Ferré :: site
Marc : Laurent Boubeker / Jean-Pierre Hané :: site

Morceaux choisis

 

Scène 1

Alors que les lumières montent, un tourne-disque passe une musique classique. Un air d’opéra. Au bout d’un petit instant, un jeune homme entre, passe près d’un des fauteuils en caressant le cuir, remet l’un des napperons en dentelle droit et avance vers le bar en bambou. Il tente de l’ouvrir. Il est fermé à clé. Il se passe la main sur le visage. Temps. Il coupe la chaîne. Puis tente de reprendre ses esprits Il souffle, puis arrache la porte avec ses mains. Il prend une bouteille de vodka et se sert un verre, le boit cul sec. Puis un deuxième. Une jeune fille entre dans la pièce et le regarde.

Claire — Comment te sens-tu ? Le jeune homme a sursauté. Je suis désolée, je ne voulais pas te faire peur. Le jeune homme fait un geste "c’est pas grave" et se ressert un troisième verre. Temps. Ça ne va pas, hein ? Il fait signe que non. Puis, il pleure doucement. Tu veux faire un câlin ? Tu veux pas qu’on se prenne dans les bras et qu’on se sert très fort ? Qu’on se serre dans les bras l’un de l’autre et qu’on se balance doucement ? Il fait signe que oui. Elle s’approche et ils se serrent très fort. Temps. Tu devrais pas boire autant. Tu sais.

Karl — Je ne bois pas plus que d’habitude. Je suis même loin de la moyenne. Je crois que je vais rattraper ça.

Claire — Moi je crois que ça va aller pour aujourd’hui. Tu as besoin de toute ta tête. ON a besoin de toute ta tête.

Karl — Ça me fait du bien, ça calme la douleur, ça l’anesthésie.

Claire — Quand elle se réveille, elle fait plus mal encore.

Léger temps.

Karl — Tu as raison. Il va à nouveau se resservir à boire. Le bar était fermé à double tour. Comme d’habitude ! Mais je l’ai ouvert.

Claire — Si maman voyait ça. Si elle voyait ce que tu as fait de la porte.

Karl — Claire ? Maman est morte. Elle est morte, il y a plus de trois ans. Léger temps.

Claire — Je sais.

Karl — Qu’est—ce qu’elle aurait fait, Claire ? Hein ? Elle m’aurait enfermé dans le grenier ? Entre les vieilles malles et le vélo d’intérieur ? Elle m’aurait mis à la diète pendant un week-end, une semaine, un mois, des années ? Elle m’aurait peut-être obligé à rester dans un coin avec un dictionnaire sur la tête et une règle en fer sous les genoux ? Pendant des heures et des heures ? Léger temps. De toute façon, le cancer l’a rongé comme un biscuit sec. Il l'a grignotée à petit feu, il lui a mangé l’intérieur comme un ver bouffe un fruit.

Claire — Je sais...

Karl — Mes prières ont été exaucées. Bientôt, ça sera le tour de papa.

Claire – Je n’aime pas quand tu parles comme ça, Karl. Je n’aime pas, tu le sais.

Karl — Ne rien dire. Se taire. Fermer les yeux, la bouche. Garder tout pour soi. Ne rien faire passer, ne rien laisser croire. J’en peux plus, Claire. Il faut que tout sorte, il faut que tout se sache. Il faut des réponses maintenant.

 

 

 

Le texte est édité aux Editions du Laquet et vous pouvez en découvrir des extraits sur le site de Philippe Beheydt.

Presse

 

Midi Libre, 2001 (P. Costa)

Ce sont des enfants terribles terrifiés, terrifiants. Cette pièce infernale a la rigueur d’une tragédie classique. (…) Les quatre enfants s’entre-déchirent sans pitié et franchissent les murs du silence où leur enfance fut séquestrée. Toute vie est mystère dès qu’elle est interrogée par la souffrance. (…) Delphine Gransart, Gaëlle Lebert, Philippe Beheydt et Laurent Boubeker défendent avec leur immense talent ce texte cruel et dur, ce texte humain.

 

Passion Théâtre, 2001

L’auteur nous emmène avec brio sur un sujet sensible, maîtrisant un suspens fait de dialogues rapides et incisifs, nous distillant une histoire aux accents tendres et poétiques. Un spectacle bouleversant !

 

Marseille l’Hebdo, 2001 (V. Cambier)

Cette pièce dévoile lentement la brûlure pour toujours purulente et sanguinolente d’une enfance à jamais saccagée. (…) A en faire bégayer l’âme. A en faire postillonner la haine par tous les pores de la peau. A rendre cinglé à hurler… Définitivement…
L’auteur – à la langue simple, drue, belle et efficace – a le don de scruter l’homme, de racler les secrets de famille jusqu’à la moelle de la rancœur, pour « nettoyer toute la merde à l’intérieur (…)
Les quatre comédiens nous cloîtrent avec talent dans ce huit-clos familial.
La mise en scène de Gersende Michel a l’infinie pudeur de donner à voir l’essentiel : des « cœurs pourris par le passé », des « petites vies heureuses tuées dans l’œuf ». »

 

La Marseillaise, 2001, (J.L. Châles)

Dans une maison repoussoir mais hypnotique, le drame familial, mis en scène par Gersende Michel, maintient une tension permanente en s’autorisant de brèves respirations oxygénantes. Quatre personnages bien dessinés, finement observés ou imaginés, s’affrontent et tentent maladroitement de s’aimer dans des dialogues souvent percutants et ouverts. (…)
Dans cette « Boîte en coquillages », Philippe Beheydt entre dans la cour des auteurs dramatiques qu’il faut suivre attentivement. Ses propos s’écoutent comme la petite musique vénéneuse d’une génération étouffée qui tente de prendre la parole. Du théâtre sombre troué d’espérance.

 

La Provence, 2001 (M. Delaballe)

Les talentueux comédiens, par la force des mots et l’émotion des personnages, réussissent une performance autour d’un sujet pourtant difficile.

 

Gairidon, 2001 (M.D.)

L’auteur a su traduire ce qui est traditionnellement incommunicable (…). Une mise en scène qui renforce si bien les mots, les gestes ; les regards, les silences (…). Sans parler de la performance des comédiens absolument remarquable !

 

La Marseillaise, 2002 (J.L. Châles)

Une réunion de famille comme on n’en souhaiterait pas à son pire ennemi. (…)
Les comédiens, sous la direction attentive de Gersende Michel, plongent avec une sensible retenue dans ce huit-clos masochiste, vicié par les blessures des enfants qu’ils n’ont jamais cessé d’être. (…)
Hélène Mahieu est une fille attentive, généreuse par devoir. Sa spontanéité bléssée surprend et nous touche. Moana Ferré joue subtilement les variations meurtries par son statut de « petite sœur », de « préférée ». On retiendra l’interprétation pudique de Jean-Pierre Hané, le frère aîné, né d’un premier lit, personnage complexe, pétri de contradictions, entre lâcheté et tendresse à fleur de larme. Philippe Beheydt joue luii-même le petit frère de cette fratrie trop lisse (…), son jeu vise désormais à l’essentiel. Il laisse parler les silences. Sans esbroufe. Pour mieux chavirer nos émotions.

 

Atelier-théâtre, 2002 (E.G.R.)

Les comédiens, le texte et la mise en scène nous entraînent dans une intimité parfois dérangeante, parfois rassurante et chacun devient tour à tour voyeur et exhibitionniste au rythme des dialogues rapides, incisifs, impitoyables.

 

Nice Matin, 2003 (V. Marcié)

Perle d’Avignon au programme du théâtre. (…) « La Boîte en coquillages », ce drame familial imaginé par Philippe Beheydt enthousiasme le public du très pointu Festival d’Avignon depuis deux ans et le théâtre Georges Brassens accueille les memebres de « Jeunes Plumes et Compagnie » jusqu’à ce soir.
Gersende Michel, à l’origine de la création de cette compagnie et metteur en scène de la pièce, a commandé le texte de « La boîte en coquillages » à un jeune auteur belge à l’avenir prometteur, Philippe Beheydt : « Ce qui fait l’originalité de cette compagnie, c’est qu’elle a été créée dans le seul but de faire découvrir des textes d’auteurs vivants ». Ainsi, dans une salle à manger, une fratrie se déchire. (…) Au cœur de l’histoire, une décision essentielle doit être prise : la question d’euthanasier ou pas le père de famille est alors un prétexte pour sortir quelques « cadavres » des placards. (…) Une situation où la tension est permanente et l’émotion omniprésente.

 

 
 
     
     
 

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