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La séparation des songes
de Jean Delabroy
(texte édité chez Théâtre Ouvert, coll. Tapuscrit)

Une coproduction Cie de l'Ephéméride /
Jeunes Plumes & cie

 

[Spectacle en création]
La séparation des songes

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[Autres spectacles]
L'humanité sans la tête
La boîte en coquillages
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Création 2010-2011

Présentation d'une première étape de création
dans le cadre des Plateaux de l’Essonne
le 18 mars 2010, à 11 h,

au Centre Culturel Marcel Pagnol, 1 rue Descartes, 91440 Bures-sur-Yvette

 

Premières répétitions à la Fabrique Ephéméride (Val de Reuil),
décembre 2009, photos © Ernesto Timor.

 

Présentation du projet

 

Au cours de la précédente création (L’humanité sans la tête de François Chaffin) est né le désir d’une collaboration entre Patrick Verschueren et Céline Liger, la Cie Ephéméride et Jeunes Plumes & Cie, autour d’un monologue.

Cette fois-ci, ce n’est pas une commande d’écriture, mais un coup de cœur commun. La découverte de La Séparation des songes, de Jean Delabroy, édité chez Théâtre Ouvert, est celle d’une écriture contemporaine originale, d’une langue qui vibre, d’un regard sur l’humain qui, délicatement, ouvre le nôtre…

Troisième volet du cycle Récits de gens de ce monde initié par la Cie Ephéméride en 2005, et quatrième création de Jeunes Plumes & Cie : une création à suivre au fil de la saison 2010-2011 !

A propos...

 

Une jeune fille. Seule. Assaillie de questions que l'on n'entend pas, poursuivie par les souvenirs d'une captivité de plusieurs années, les rumeurs confuses du drame en cours, elle tente de dire l'indicible. Dans ce retour au réel aussi douloureux que libérateur se dévoilent l'ambiguïté et la force du lien qui s'est instauré entre elle et son ravisseur.

L’examen poétique d’une conscience troublée, inspiré d’un fait divers mais radicalement éloigné du réalisme ou de l’enquête journalistique.

Un texte sans jugement, qui porte les secousses et les vibrations de cette jeune femme en quête d’elle-même. Et qui pose sur nos certitudes de beaux points d’interrogation…

Ce que nous en dit l'auteur...

 

Ce que demande
(Pour Céline L.)

Ce que demande l’auteur à qui vient au théâtre, c’est qu’il y entre comme dans l’obscurité, ne s’attendant pas à y voir clair, seulement pour se défaire de ce qu’il croit savoir, pour se donner à ce qui est possible – et impossible.
Ce que demande la pièce, quand elle commence, c’est qu’on ne la prenne pas pour un reportage, mais comme une invention, aux contours tremblés, à l’intention tremblante.
Ce que demande la Jeune Fille, qui va entrer, c’est qu’on l’aide à aller vers des mots qu’elle ne peut pas dire, vers des choses qu’elle a peine à arrêter.
Ce que demande la voix, qui se met à parler, c’est qu’on entende en elle toutes les voix, même les brisées, même les à naître, qui la traversent, transpercent, transportent.
Ce que demande chaque geste, pas, qu’il va falloir faire sur la scène, c’est qu’on endure qu’aucun ne se fasse autrement que dans une ignorance éprouvante, mais aucun autrement non plus que dans un ardent besoin.
Ce que demande chaque ligne du texte, si près, si loin, de la précédente et de la suivante dont elle est séparée, c’est qu’on ressente l’arrachement dont elle procède et celui qu’elle va provoquer.
Ce que demande chaque instant sur le plateau, c’est qu’on accepte d’y être déchiré par ses tentations multiples, ses directions contraires.
Ce que demande la représentation, c’est qu’on ait eu besoin que les autres aient été là pour entendre-voir ce qui se disait-faisait, et qu’on ait encore besoin d’eux pour sortir à la fin, et retrouver le monde, dehors.

Jean Delabroy (Paris, le 21 novembre 2009)

Ce que nous en dit le metteur en scène...

 

Fascinante, l’idée de Jean Delabroy : faire parler l’enfermée, la femme qui a passé son enfance dans une cave, juste en dessous de son ravisseur. Un fait divers ? On pourrait le croire. Mais c’est autre chose qui ressort : l’Énigme.
L’énigme qui nous renvoie à nos propres monstres.
L’énigme de cette enfant devenue femme hors du monde.
Qui est-elle au sortir de son piège ?
Cette énigme qu’elle nous pose
et que nous aimerions résoudre pour être tranquilles,
rassurés dans nos commodes positions de voyeurs.
Son énigme à elle,
qu’elle aimerait tout autant résoudre
non pas pour fuir notre voyeurisme
mais pour vivre, tout simplement
Pour se retrouver : « j’ai besoin de moi ».
Comme dans l’univers de Camus, cette échappée de l’enfer passe du « je » au « nous » puis du « nous » au « vous » pour nous interroger sur notre propre enfermement, sur notre prétention à être libre quand nous nous contentons souvent d’un commode esclavage.
L’enfermée retourne son miroir dans notre direction et montre que la ligne de démarcation entre « bonnes » et « mauvaises » personnes est beaucoup plus floue que nous aimerions le prétendre.
La mise en scène devra toujours nous laisser dans ce trouble-là, dans le doute, dans une énigme qui ne se laisse pas facilement résoudre.
Une fille jetée dans la fosse aux lions
c’est ce qu’il faut laisser croire
celle qui va tout raconter de sa captivité
c’est ce qu’il faut laisser entendre.
Mais son piège se retourne sur celui qui écoute (celui qui l’enferme), le plaçant peu à peu dans la  position inconfortable de celui qui ne peut rien faire, pas même aider ou adoucir le vide laissé par sa captivité.
Parce que ses bons sentiments ne sont ici d’aucun secours pour soigner ou atténuer les blessures,
parce qu’au fond il n’y a peut-être que son bourreau qui pourrait
et que les mots pour le dire manquent cruellement.
C’est pourquoi la danse viendra et le chant
pour continuer à dire quand elle ne peut plus dire
pour continuer de toutes ses forces à trouver l’issue de sa cave
avant, peut-être, d’y retourner
car la liberté est parfois effrayante et ne tient pas toujours ses promesses.

Patrick Verschueren (Skopje, Macédoine, le 22 novembre 2009)

Calendrier

 

- Premières pierres : résidence du 2 au 7 novembre 2009 à La Fabrique / Théâtre de l’Ephéméride.

- Présentations du chantier : le 10 décembre 2009 à La Fabrique / Théâtre de l’Ephéméride, Val-de-Reuil (27) dans le cadre des « Secrets de Fabrique ».
le 18 mars 2010 à Bures-sur-Yvette, dans le cadre des Plateaux de l’Essonne.

- Construction : décembre 2009 / mars 2010 : recherches de partenaires et montage de production.

- Création : saison 2010 / 2011

L'équipe

 

Auteur : Jean Delabroy

Mise en scène : Patrick Verschueren :: site

Avec Céline Liger :: mail

Graphisme et photographie : Bertrand Sampeur / Timor Rocks ! :: site

Scénographie : Ludovic Billy

Chorégraphie : Caroline Eckly

Création lumière : François Chaffin

Création costumes : en cours

Création sonore : en cours

 

Soutiens et partenaires

 

Avec le soutien de la Fondation La Ferthé (Fondation de France).
Production en cours.

Merci à Jean Delabroy et à Théâtre Ouvert.

Plus encore ?

 

Le dossier préliminaire est téléchargeable d'un simple clic
sur la couverture ci-dessous (pdf, 1 Mo) :

Extrait du texte

 

Alors je me suis jetée

Avec rage

Contre la porte

Et j’étais tellement sûre qu’elle était fermée

Qu’à la renverse je suis tombée

Quand elle s’est ouverte

Quelle histoire non

Il n’y avait pas de clé de bonne de mauvaise

Pas de clé du tout (…)

Je n’avais rien compris

Et c’était comme ça

Peut-être depuis le premier jour

Le chemin si je voulais libre

(…)

Alors le dernier mot a dégringolé

Cave

Cave

Qu’est-ce que c’est cave

(…)

Et maintenant

L’histoire de la pas évadée

Est-ce que vous comprenez quelque chose

Ou rien de rien

Regardez-moi au moins

Parce que c’est mon histoire

(…)

Pas comme vous la raconteriez pas vrai

Pas comme vous avez besoin

(…)

Si peu je comprends

Alors vous

(…)

Parce que

Dans la cave

Ce jour-là

Je

Suis

Redescendue

C’est

Moi

Moi

Même

Et

Pas

Lui

Et

Personne

Ne

M’a

Fait

Faire

Ça

Moi

Descendue

Dans

Mon

Lieu

Pour

Toujours

 

 
 
     
     
 

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